Pierre BLEUSE | directeur artistique

Il est toujours difficile de classer Jacques Offenbach ! Ce musicien de génie qui est essentiellement compositeur d’opérettes a su donner ses lettres de noblesse à ce style ! Acclamée par le public, parfois décriée par la critique, sa musique nous laisse comme en apesanteur, jamais appuyée, toujours inventive.

Offenbach a l’imagination pour traiter parfois les sujets graves avec une délicieuse légèreté. Il a su se mouvoir avec aisance dans l’esthétique de ses contemporains, allant jusqu’à leur emprunter avec humour et finesse tel ou tel « tic » musical propre à chacun d’eux !

Ouverture-Opéra présentera donc en septembre 2018 une création inédite de La Belle Hélène : nous avons en effet commandé au jeune et brillant compositeur Blaise Ubaldini une version pour un ensemble hétéroclite, avec une carte blanche pour proposer une vision moderne de ce chef-d’œuvre grâce à une instrumentation inventive. Nul doute que musiciens, chanteurs et auditeurs seront émerveillés par cette nouveauté.

Pierre BLEUSE | directeur artistique

LA BELLE HUMAINE

Par Olivia Seigne | Metteur en scène

 

Offenbach revisite l’univers mythologique dans un déploiement de rites et de cérémonies décalés qui le teintent de couleurs loufoques. Avec la complicité de ses librettistes, le compositeur brise l’aura des héros grecs et leur solennité. Ils invitent les figures divines à descendre de leurs piédestaux pour les lancer dans une joyeuse et comique sarabande. Au cœur de ce panthéon insolite émerge une figure avant-gardiste : la belle Hélène prend vie, « L’éclat du soleil » s’anime et s’affirme.

Celle dont la beauté connaît une renommée inégalée mais dont la parole est rare, celle qui pourrait être l’effigie mythologique du fameux « Sois belle et tais-toi », devient, dans l’œuvre d’Offenbach, une héroïne active, tonitruante et sensuelle. Humaine, tellement humaine.

Elle quitte la posture de l’astre lointain, admiré et redouté par principe, mais figé dans un mutisme éternel, pour revêtir les habits d’un être de chair, de sang, d’esprit et de contradictions. Hélène doute, Hélène croit s’en remettre à la fatalité, Hélène se laisse duper, mais Hélène décide, trompe à son tour, triomphe et se libère d’une passivité vieille de plusieurs siècles. Dans cette cour aux rouages masculins, elle devient la pièce motrice féminine, active déjà dans l’intimité combattante de son mariage, bien avant de prendre part aux excès publics et sanglants de la guerre de Troie.

En contrepoint à la fin des idoles, la musique d’Offenbach résonne parfois d’accents graves infiniment beaux et émouvants. De même, la mise en scène, bénéficiant de l’alternance des scènes chantées et parlées propres à ce type d’opéra, se situe hors champs, dans cet espace indéfini mais riche de sens que rythment les oxymores : Hélène l’innocente fautive, Hélène la fidèle déloyale, Hélène ou la fatalité librement consentie, Hélène la divine humaine.

La version de La Belle Hélène créée en automne 2018 à la Ferme-Asile de Sion, propose une exploration des pôles contraires, une confrontation des paradoxes. Une invitation dans un monde entre gravité et burlesque, entre expressionisme et retenue, entre douceur et sainte colère, dans cette arche des émotions sans lesquelles la vie ne serait que mornes plaines.

Olivia SEIGNE | metteur en scène

Partenaires 2018

LES PARTENAIRES DE LA PRODUCTION 2018

Ville de Sion

Bourgeoisie de Sion

Conférence des Présidents de commune du district de Sion

Etat du Valais – Conseil de la Culture

Loterie Romande

 

 

Banque cantonale du Valais
Banque Raiffeisen
Energie Sion Région
Fondation Binding
Fondation de Famille Sandoz
Lyra Stiftung

 

 

Fondation Minkoff
Fondation Pierre Gianadda
Centre culturel La Ferme-Asile Sion
Fondation Dénéréaz
Helvetia Assurances
Le Nouvelliste
Sion Tourisme
Canal 9
 

 

Ouverture-Opéra et les écoles du Valais

OUVERTURE OPERA ET LES ECOLES DU VALAIS

Depuis ses débuts, l’association Ouverture-Opéra collabore avec les écoles valaisannes en organisant des représentations scolaires . Près de 2000 jeunes valaisans découvrent ou redécouvrent ainsi à chaque production le monde particulier de l’opéra.

Une formule d’environ 60 minutes, spécialement adaptée aux exigences des établissements scolaires, rencontre un grand succès auprès des étudiants et de leurs professeurs.

Ces « scolaires » peuvent être accompagnées de prestations complémentaires permettant une approche et une initiation plus pédagogiques, parfois même interactive, avec la participation des artistes, des créateurs du spectacle ou encore des instances cantonales concernées (Etincelles de culture).

En 2014, nous avons ainsi accueilli pour Così fan tutte les deux Lycées-Collèges de Sion (Creusets et Planta), fidèles dès 2006, ou encore les Ecoles de commerce de Martigny, de Sierre, de Sion et du Haut-Plateau.

Pour L’Orfeo de Monteverdi en 2016, ce type de collaboration a encore été développé, avec notamment la participation de nouveaux établissements et l’intérêt manifesté par le Lycée-Collège de la Planta pour une représentation complète du spectacle.

Les mêmes efforts seront bien entendu reconduits et si possible renforcés de part et d’autre pour La Belle Hélène.

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LA DIAGONALE DU RIRE

Par Jean-Luc Follonier | Directeur de projet

 

Après six productions et un dixième anniversaire couronné en 2016 par L’Orfeo de Monteverdi, Ouverture-Opéra présentera en 2018 La Belle Hélène de Jacques Offenbach.

 

Conduire à la réflexion et à la profondeur humaine par le rire et l’humour tient depuis toujours de la prouesse que seuls de grands auteurs accomplissent. Tout artiste de scène sait combien sur les planches l’exercice est délicat : c’est avec enthousiasme que nous tentons ce nouveau pari, appelé et encouragé par une grande partie de notre public.

Parfois jugé facile, un temps méprisé par la critique, trop souvent desservi par des mises en scènes vulgaires, l’opéra-bouffe (et sa sœur l’opérette) est un genre où la tentation du rire facile n’est jamais très éloignée, où certains ont confondu populaire et populiste. Il s’agit au contraire d’un genre beaucoup plus délicat qu’il n’y pourrait paraître, où Offenbach et ses librettistes nous proposent des perspectives bien plus riches, subtiles et séduisantes.

La musique du Petit Mozart des Champs-Elysées regorge de couleurs et d’invention mélodique, alternant émotion et légèreté, et nombreux sont ses thèmes qui ont traversé le temps et qui appartiennent désormais à notre inconscient musical. Qui ne pourrait pas fredonner le Galop infernal d’Orphée aux Enfers, ou les couplets des Rois, pour revenir à notre Belle Hélène ?

Des raisons tant financières que logistiques nous interdisent d’inviter à nos productions de la Ferme-Asile un orchestre moderne au grand complet. Mais, dans l’idée de faire vivre de la manière la plus fidèle l’esprit musical d’Offenbach, nous avons donné carte blanche à Blaise Ubaldini, jeune et talentueux compositeur, afin qu’il élabore non pas une orchestration convenue de l’œuvre, mais bien plutôt une réécriture pour un ensemble hétéroclite et innovant dont nous confierons les pupitres à des musiciens valaisans. Nous sommes là en total accord avec nos buts de création originale et de soutien aux jeunes artistes.

Le chœur quant à lui sera tenu par une sélection d’élèves du Conservatoire cantonal réunis dans l’Ensemble Ostinato.

Nous avons la chance de pouvoir confier la direction musicale de cette Belle Hélène à Pierre Bleuse, jeune chef d’orchestre français au début d’une carrière des plus prometteuses, qui allie à ses qualités artistiques la dimension humaine et pédagogique, atout essentiel et précieux dans le travail avec nos jeunes chanteurs.

Un regard sur le chemin parcouru confirme à quel point les productions montées par et pour les jeunes artistes sont essentielles dans notre paysage culturel. Ce sont pour les jeunes solistes l’expérience d’un laboratoire, d’un atelier et d’une scène publique, toute une approche irremplaçable que les seules études académiques, malgré leur valeur, ne peuvent offrir. C’est aussi une émulation sans égale pour tous les participants plus jeunes ou moins aguerris, encore élèves dans des écoles de musique. Ouverture-Opéra a vu plusieurs d’entre eux chanter d’abord dans le chœur, puis se voir confier un petit rôle, puis un grand, et pour certains évoluer aujourd’hui avec succès sur la scène internationale.

Par ses retombées plus larges auprès d’un public nombreux et fidèle, toute cette subtile alchimie se révèle ainsi non seulement décisive pour les jeunes artistes, mais elle amène de manière tout aussi importante une richesse inestimable au tissu musical, artistique et humain d’une région et d’une société. Ces valeurs ne se quantifient pas, mais elles conduisent toujours l’humanité vers son plus bel accomplissement. De toute éternité, elles préparent demain. Nous pouvons penser que le monde actuel a particulièrement besoin de telles étoiles à suivre.

Jean-Luc Follonier, directeur de projet